Déluge en fleur


Bienvenue à Calcutta !!! Il y a des noms qui font voyager, qui font s'évader, et je crois que pour moi, rien que d'entendre Calcutta, je ne me voyais déjà plus sur terre, dans un univers parallèle, dans un monde qui n'existe que dans les livres, dans les films, dans un imaginaire vagabond, rien que le nom respirait un parfum d'ailleurs, d'une moiteur toute lointaine, résonnait de couleurs et de fantasmes. Et puis un jour, tout cela devient réalité, et l'on débarque dans cet aéroport désert, on se prend une première claque qui nous rappelle que le monde est grand, et que peu importe où l'on est déjà allé, il y a toujours un ailleurs, un différent. Alors on sort de ce hall lugubre et nous retrouvons en immersion totale, une plongée dans la réalité du mythe, un grand souffle chaud et humide qui nous enveloppe de toutes parts, un brouhaha qui nous aveugle et nous transporte, une grande vague qui ne s'échouera sur les berges de la sérénité que deux semaines plus tard, nous laissant comme deux échoués d'une grosse tempête que l'on savait venir mais dont on n'imaginait que trop mal les tenants, armés pour affronter les vents les plus forts, mais pas forcément préparés à nous débattre contre la multitude d'insignifiants alizés n'attendant que de nous tirailler d'Est en Ouest, de hauts et de bas.



C'est donc une première expérience haute en couleurs qui débuta pour nous. Arrivés le soir, nous n'avions qu'une demi-journée le lendemain pour explorer un petit peu cette ville immense, fourmilière géante, qui malheureusement se présenta à nous sous un rideau de pluie au petit matin. Pas question de pinailler, nous ne sommes pas venus là pour regarder la pluie tomber, direction le plus grand marché aux fleurs d'Asie. Avec un peu de chance la pluie se calma sur la route, et nous avons pu profiter un peu de ce lieu unique, avec seulement quelques goutes. L'appareil photo resta rangé la plupart du temps, profitant d'abris de fortune pour le sortir et immortaliser quelques regards du coin, les pieds dans une bouillasse formée de cartons détrempés, de fleurs écrasées, de terre et autres éléments que l'on ne s'attardera pas trop à identifier. Cela reste une belle découverte, quelque peu frustrante, mais qui nous met en jambe pour la suite du voyage, où les couleurs s'entremêlent, où les images emblématiques de l'Inde défilent sous nos yeux à une allure effrénée, et où il aurait fait bon d'y rester plus longtemps.