Parqués, là


C'est donc dans les montagnes de Mai Chau que je vous emmène aujourd'hui, enfourchant notre scooter de location et partant à l'aventure sur une route inconnue, destination inconnue, une seule chose de sûr, nous allons dans les montagnes... Et il fait une chaleur suffocante. Après une petite demie-heure pour sortir de la vallée, nous tournons sur la première petite route qui nous mène droit dans les reliefs, et où soudainement tout signe de vie disparait. Nous gravissons les petits sommets du coin et nous retrouvons au milieu de ce paysage fantastique, où de minuscules cabanes viennent agrémenter les étendues vertes que nous parcourons. Les petites collines sont magnifique et nous avalons alors les kilomètres, ne nous rendant pas compte de l'énorme coup de soleil se formant alors sur nos bras (sur mes bras surtout...). Respirant l'air pur, profitant de cet isolement, loin de la plaine à touriste, nous découvrons alors notre Mai Chau, celui que personne ne voit, celui qui est pourtant à deux pas des beaux hôtels mais qui ne rentre pas dans les circuits, celui de la campagne, d'une véritable campagne sans folklore superflus, juste ce qu'il faut pour se sentir vivant, découvrir des cartes postales qui n'en seront jamais, découvrir des coins, des gens, qui n'ont pas tout le joli côté du traditionnel, mais le côté pratique de cette tradition, une vraie bouillon de réel loin des parades costumées, un condensé de pas forcément très beau, mais de merveilleusement vrai et enrichissant, un petit bain de poésie sans rime, sans quatrain ou petite figure de style pompeuse, ici on est dans la prose rêche, dans des entre-croisements de simple et de concret.


Et c'est sur cette longue route sans prétention et quasi déserte que nous croisons bon nombre de motos et autres scooters... parqués, là, sur le bord, loin de tout, de tout chemin, de toute maison, de tout signe de vie. Ceux-ci sont en général recouvert d'une bâche et de quelques branchages pour la maintenir en place. Avec notre jugeote légendaire nous en concluons comme cela est fait pour éviter la surchauffe et de permettre de les reprendre à tout moment sans se brûler. Oui la chaleur est tellement intense, qu'il serait compliqué d'enfourcher l'un de ces bolides après un certain temps passé sous ce véritable cagnard. Ceux-ci sont en principes laissés là par quelques paysans allant travailler dans leurs champs plus éloignés, parfois même relativement loin de la route, faisant que nous ne croisons que très peu de monde, même à proximité des motos. Le soir venu, sur le chemin du retour, nous croiserons un peu plus de monde et verrons enfin qu'elles ne sont pas abandonnées, et que le bord de la route se vide petit à petit. L'occasion pour de nouvelles rencontres et de belles images, à pieds cette fois.