Premières lumières


Voilà un peu plus de deux semaines que se passait le festival des bateaux dragon. Les festivités étant relativement limitées, surtout sur Shanghai, mais profitant d'un long weekend de trois jours, nous sommes partis avec un petit group d'amis sur l'archipel Dongji. Dis comme ça j'imagine que cela ne vous parle pas beaucoup, et à moi non plus au premier abord, mais c'est en fait une terre bien particulière qui nous attendait, étant le morceau de terre le plus à l'Est de Chine, et ayant pour principale caractéristique d'avoir reçu les premières lumières du XXIe siècle, le 1er Janvier 2001 à 6h42. Pour être même encore plus précis, c'est l'île de Dongfushan qui est celle se trouvant le plus à l'Est du petit archipel, et que je vous présente aujourd'hui. Sympa non?



Dongfushan, c'est avant tout une tout petite île, que l'on traverse en 2h de marche, et qui se compose principalement d'un village de pêcheur enclavé dans entre deux petits reliefs. Une joli phare accueille les bateaux en son large, perché sur un bout de roche bien isolé. L'endroit est vraiment minuscule, et une unique route fait le tour de l'île, reliant le petit village à une station radar militaire stationnée sur le relief le plus élevé au centre de l'île.



Et oui, nous ne sommes pas très loin de Taiwan, pas très loin du Japon non plus, et nous sommes donc sur une position stratégique évidente pour la surveillance de la mer de Chine orientale. Malgré tout, hormis l'accès interdit aux alentours de la station, l'installation d'une hélisurface déserte, peu de signes de cette présence militaire. C'est donc avant tout un gros bout de caillou à la végétation luxuriante qui nous a accueillis le temps d'une journée. Nous avons dormis sur l'île principale de l'archipel, l'île Dongji, et avons fait l'aller-retour dans la journée sur Dongfushan, qui fut bien suffisant pour explorer la quasi totalité du lieu. C'est donc avec Yangyang, le seul autre mec du groupe, que nous sommes partis à la découverte des alentours, gravissant la "montagne" en guise de déjeuner, tandis que les filles ont pris leur temps au restaurant et sur le bord de mer. Les paysages sont magnifiques, de superbes roches se découpent au fur et à mesure de notre petite aventure bien plus vallonée que prévue.



Notre objectif principal était d'arriver à l'autre extrémité de l'île, au rocher de la trompe d'éléphant comme il s'appelle, une avancée rocheuse surplombant la mer de manière très impressionnante. Nous avons cependant décidé de faire une petite halte par le Palace du Nuage Blanc... Ça claque pas mal dis comme ça, mais il s'est révélé très décevant, n'étant qu'un petit temple des plus basiques, d'une vingtaine d'année seulement, et sans grand intérêt, si ce n'est de nous faire emprunter un chemin relativement plus escarpé que prévu.



Après deux heures de marche, nous sommes enfin arrivé au fameux rocher, et il faut bien le reconnaitre, il en valait quand même le coup. La vue est somptueuse, et quelques téméraires s'aventurent jusqu'en sa pointe, un par un, l'ascension des derniers 20 mètres étant très raide et étroite, avec quelques centaines de mètres plus bas, de chaque côté, la mer. Bref si vous ne le savez pas encore, j'ai le vertige, j'ai beaucoup le vertige, mais genre vraiment beaucoup, alors je me suis contenter du premier pallier, large, et ai aidé Yangyang à prendre sa photo sur la pointe du monde. Son ascension se passa sans encombre, mais le retour fut beaucoup plus périlleux, prenant finalement conscience de la où il avait atterri.



Quelques photos plus tard et trois bouteilles d'eau en moins, nous avons donc pris le chemin du retour, découvrant le chemin "facile" que nous avions raté, et allant donc retrouver le reste de la troupe aux alentours du port et de retourner sur l'île de Dongji pour la nuit. C'est un lieu auquel je ne m'attendais pas, aimant limiter mes recherches avant d'arriver sur les lieux, laissant ma découverte être guidée par les lieux plutôt que les avis de ceux qui y sont passés avant, plutôt que de voir les lieux que je vais aller voir, et donc avoir cet esprit ouvert, cette grosse éponge prête pour un plongeons dans un grand bain d'inconnu et d'aventure. Ce fut aussi pour moi l'occasion de ressortir un petit appareil photo que je ne prends plus assez, avec juste un vieil objectif 28mm de mon père. Cela faisant tellement longtemps que je ne l'avais pas sortis, que je suis tombé en rade de batterie en arrivant le premier soir, évidemment sans rechange... Les images du weekend ont donc été soumises à un petite contrainte supplémentaire, tout en mécanique, ce qui a rendu l'exercice encore plus excitant je dois dire ! Bref, nous avons passé deux nuits au total sur l'archipel, et après cette petite escapade nature, je vous parlerai un peu plus de la vie locale la semaine prochaine.