Dans l'arrière cuisine


Les poissons rouges, rouges, nagent là au milieu du bleu et ça bouge, les poissons, les rouges, les traits, le temps, nagent à contre, contre courant. D'envies bancales ou de chaises musicales, le paysage bouge, bouge, là au milieu d'un petit vent et d'un gros camion bleu. Dans l'arrière d'la cuisine, se retroussant les manches du bleu, bleu, du travail, et des belles chaussures bien bien cirées. S'arrêtant d'pédaler sur les bords, les trop tard, les tôles d'art, du bleu, bleu qui vient bloquer nos p'tits yeux, du ciel qui pousse, pousse alors, et qui fleurit par hasard en son bleu, des toiles d'ombres ou des mots silencieux, des vieux, des vieux qui passent l'après-midi, d'échec en échec, toujours mieux. Des mots, des gestes qui cliquent ou qui clipsent sur les trottoirs provisoires, du monde d'un jour, oublié, bientôt, qui sait, qui saura, demain. Dans l'recoin d'un quartier, dans l'arrière d'la pensée, des petits pas et des couleurs, des pas, des pas dans la poussière, dans la cuisine, et des tortues bien molles bien folles, faisant l'trottoir ou l'égouttoir, vendant leurs corps dans les allées, des p'tits détours, aux égarés. Des vieux, des vieux, encore des vieux, du vieux Shanghai, des p'tites ruelles trop délabrées, du bleu et des ambiances de cours d'récré. Ici Laoximen, quartier condamné, passé, présent, juste oublié.