D'un million d'éléphants...


...à quelques centaines. Le Laos a longtemps été connu comme tel, comme le royaume au million d'éléphants, habitat naturel de ces animaux fabuleux, domestiqués depuis des siècles, qui ont cependant en grande partie disparu du paysage local, atteignant une population sauvage critique d'environ 400 individus, et de 450 en captivité, principalement utilisés pour des travaux forestiers. Il est donc assez rare d'en croiser un dans le pays, mais le hasard nous a mis sur la route de l'un d'eux, orné de son cornac, alors que nous roulions à travers les interminables routes traversant la forêt primaire du pays. Scène incroyable que ce pachyderme qui arpentait la route à nos côté, calmement, bien peu dérangé par les motos et autres voitures passant sur le côté. Il prend sa place, il prend de la place, de sa carrure pourtant modeste, bien moins impressionnante que celle de son lourd cousin africain, mais tellement unique sur cette route de bitume et les deux roues pétaradant sur le passage. Nous nous arrêtons alors sur le bas côté, et l'admirons passer, comme un seigneur de ce pays unique. C'est là où nous apercevons alors ces chaînes révélatrices de la réalité.



Les éléphants ont depuis fort longtemps été domestiqués au Laos, mais pas particulièrement comme animal du compagnie, mais comme de véritables outils de travail, au même titre que les buffles dans d'autres contrés pas si lointaines. C'est donc un travail harassant qui les attend, où leur cornac va nouer une relation très particulière avec eux, entre affection et totale soumission. Cette tradition de la domestication des éléphants du Laos est aussi désormais utilisée pour le tourisme, emmenant les quelques visiteurs pour un tour au milieu de paysages fabuleux, mais l'attrait financier a également provoqué la vente de beaucoup d'animaux dans des pays voisins et sans scrupules (tels que la Thaïlande ou la Chine) afin d'en faire quelques attractions touristiques. Cependant le gouvernement a pris des mesures pour améliorer les conditions de ce joyau du pays, de cet emblème national, en interdisant notamment la capture d'éléphants sauvages pour la domestication, ce qui a considérablement diminué la population captive. Mais au final cela n'aura que ralentis la diminution de la population sauvage locale, toujours soumise à une forte mortalité due aux changements de leur habitat naturel. Celle-ci reste alors extrêmement critique et la survie de l'espèce au Laos relativement menacée. Je me revois alors au bord de cette route, à être témoin d'un moment unique et dont l'avenir est plus qu'incertain, un fragment de culture de ce pays malgré tout ce qu'elle implique, trainant le pas lourd d'une histoire dorée et d'un avenir embrumé.


Tout ces souvenirs du Laos ne me reviennent pas par hasard, à vrai dire j'ai justement mis à jour la page consacré à ce voyage sur mon site, du coup vous pouvez en découvrir encore un peu plus en vous rendant directement à cette adresse: http://arnaud-faverjon.fr/laos.php