De la débrouille en sourire


Je triche un peu aujourd'hui, et je vous envoie une carte postale avec 7 ans de retard. Que le temps passe vite... Bienvenue au Laos ! Pas mal de souvenirs sont assez lointains et quelques peu dissipés, mais c'est là la force des photos, c'est de ramener à la vie certains souvenirs, de les garder dans un coin de papier, un bout de disque dur, une pochette d'archives de pellicules bien rangée dans une boite. Et me revoilà partis 7 ans en arrière, les godasses pleines de boue, car ce n'était plus vraiment des chaussures vu l'état. Il avait plu un véritable déluge et les chemins étaient difficilement praticables. Nous sommes alors partis avec deux guides si mes souvenirs sont bons, dont un véritable roi de la débrouille que je vous présente aujourd'hui. Armé de sa machette il nous a accompagné tout le long de notre route, débroussaillant le passage et gardant en permanence cet immense sourire. Il en coupait des branches, il en ouvrait des passage, il n'arrêtait pas, d'une énergie à couper le souffle, d'une sérénité et d'une agilité incroyable dans cette épaisse végétation qui nous entourait, rien ne semblait pouvoir alors l'arrêter. Bien entendu la communication était possible entre nous, mais ce fut un véritable plaisir de partager sa présence toute cette journée, perdus au milieu de rien, où la forêt finissait par s'ouvrir sur une clairière après plusieurs heures de marchant, et débouchant sur quelques petites maisons perdues.



Le premier village accessible était celui dont nous venions, à plusieurs heures de marche, et qui n'était lui qu'accessible en bateau, aucune route ne reliant cette région. Nous nous sommes alors arrêtés un moment sur la terrasse d'une des maisons sur place, pour boire un coup, se reposer un peu, et préparer la marche retour direction le village de départ. Outre l'accueil très agréable, il y avait cette scène magique qui nous a évidemment tous marqué, celle de ce bébé assoupis dans son hamac dans un coup de la terrasse. Nous en avions vu un certain nombre dormir dans des situations similaires, mais la lumière qui l'enrobait, le chant des oiseaux alentours, le souffle de l'air que je peux presque encore ressentir, il y avait tout pour se sentir aussi apaisé que lui, pour se sentir calme et tranquil. C'est un sentiment qui transpirait beaucoup tout au travers de notre voyage au Laos, cette sérénité, ce calme, noyés dans des paysages à la végétation incroyable, l'impression que tout va bien, et que rien ne pourrait ébranler cet pays si unique et touchant.