Et après plus de 4 ans...


Quand on est partis la première fois il y a quatre, avec mes chers amis Océane et Kévin, on s'était fait une petite liste de ce qu'il fallait absolument qu'on fasse durant notre petit périple de 4 mois en Chine. Évidemment, on avait mis Shanghai, on avait mis quelques coins très connus du Yunnan, et on avait mis la fameuse Grande Muraille de Chine. Et évidemment on n'a pas eu le temps d'y aller, car c'était loin (plus de 3 heures de vol), qu'on avait pas beaucoup de temps ni d'argent au final, et puis surtout il y avait tellement à faire dans le coin où nous étions... Mais je suis revenu, quelques mois plus tard, et le temps est passé, Pékin et la muraille environnante restant des destinations toujours dans le haut du classement, mais jusque là il y a toujours eu une montagne sacré ou un village reculé pour nous empêcher d'y aller.


Mais voilà, nous y sommes, enfin, à Pékin (dont je vous parlerai la semaine prochaine), et surtout, direction la grande muraille. Nous avons opté pour la portion restaurée de Mutianyu, une des portions privilégiée des touristes occidentaux, car un peu moins prisée des touristes locaux, ce qui fait que la foule est tout de même moindre qu'à d'autres endroits. Bref, nous y somme, dans notre petit télésiège qui nous emmène aux flancs de cet immense mur. Pour dire vrai, on ne voit pas grand chose depuis le bas des montagnes, si ce n'est quelques petites tours qui dépassent parfois de la végétation, perchés sur les montagnes. Et puis un grimpe, et on arrive là-haut, et tout à coup ce grand mur prend une toute autre dimension. On s'aperçoit qu'il s'étend alors infiniment autour de nous, comme un grand serpent sillonnant sur les crêtes, plongeant dans la vallée voisine pour regrimper de manière très abrupte sur un pic en face et parcourir une autre crête. Et oui, si vous regardez bien la première image, on distingue trois petites tours sur la montagne de droite, toutes trois reliées par le mur en plus ou moins bon état. Mais vous apercevrez aussi que la muraille courre aussi sur la crête de la montagne la plus éloignée dans la brume. Une véritable folie, une œuvre gigantesque qui est impressionnante vue d'ici, mais qui en devient complétement ahurissante lorsque l'on regarde à la longueur totale qui fut construite, 21 160 km, oui oui plus de vingt-et-un mille kilomètres, c'est à dire plus de la moitié de la circonférence de notre petite planète Terre, c'est l'équivalent d'un aller-retour Paris-Shanghai, c'est plus de 20 heures de vol en avion, ça vous emmènerai de notre cher France jusqu'en Nouvelle Zélande. Et tout ça, bien avant qu'on n'ai la moindre machine, juste des millions de Chinois là, avec leur truelle, à porter des briques, les empiler une après l'autre, et à construire cet immense maillage de murs et de tours créant l'une des œuvres les plus impensables que l'Homme n'ai jamais conçus, avec une histoire qui remonte à plus de 2000 ans, les premiers vestiges étant plus vieux que le Christianisme. Ce fut un projet monstrueux, dont on a du mal à se rendre compte, et même une fois les deux pieds dessus, on ne réalise pas l'ampleur de la chose. Bon il faut aussi ramener ça à sa très relative efficacité au final. Car oui la Chine fut envahie malgré son joli mûr qui aura coûté des millions de vies humaines et des milliers d'années. La Chine aura été occupée et aura perdue maintes guerres, oui ce fut un Mongole qui fut le premier empereur de la Chine unifiée, mais bref ce ne sont que des détails qui pimentent un peu les conversations ici. Bref. Oui c'est beau, ah ça oui c'est très beau à voir, magnifique, la folie des Hommes, et surtout la puissance de ce pays pour entreprendre de telles choses, inconcevable...


Nous sommes enfin allé sur la Grande Muraille de Chine, on en a pris plein les yeux, on en a aussi eu plein les pattes (avec la super application "Santé" de mon smartphone indiquant 120 étages de grimpé dans la journée pour une bonne dizaine de kilomètres parcourus), mais je dois bien avouer qu'il fallait y passer. Après 4 ans passés en Chine, je ne regrette pas d'y être allé. Oui ça sonnait un peu comme le coin à touriste, le plan classique de tous ces gens en quête de dépaysement qui vont faire leur tour sur le mur, prendre quelques selfies, et dire qu'ils l'ont fait, mais c'était quand même vraiment bien, vraiment quelque chose à faire. C'est vrai qu'au bout d'une heure, bon le mur reste le même, et on reste sur la même crête de montagne avec le même paysage donc ça devient un peu répétitif, mais de se plonger dans l'histoire de sa construction insensé, de la voir parcourir les crêtes alentours, c'est un paysage fabuleux, unique, mais de l'unique sur près de 21000 km. Du coup je me dis qu'il va falloir que j'arrête d'avoir peur de faire un peu le touriste de temps en temps, on ne peut pas faire que de voyager en terres interdites tous les mois, et un peu de repos dans ces coins "classiques" mais fantastiques, ça fait aussi un bien fou !