Des piles et des piles


Des pierres, des tuiles, des briques, des vêtements, des gravas par millions, c'est un peu le genre de paysage qui se multiplient depuis des années dans toute la Chine. Ici Chongqing, où les vétustes immeubles à flanc de montagnes sont réduits en poussière, afin de faire pousser de grandes tours. Les bulldozers se faufilent au milieu des gravats, parfois surplombant même les immeubles, et donnent ces images irréelles. Ce sont des quartiers immenses qui disparaissent à chaque fois, avant de ré-apparaitre quelques mois plus tard. Et ces villes sont donc bel et bien vivantes, s'élevant, se détruisant, s'élevant à nouveau, tout évolue à une vitesse folle, on voit donc souvent des buildings de quelques dizaines d'années disparaitre, et ré-apparaitre plus grand plus neufs plus chers. C'est la grande dynamique Chinoise, la construction perpétuelle.


Ces images viennent de Chongqing, mais elle pourraient facilement venir de n'importe quel autre grande ville. Ici à Shanghai, mon quartier s'est lui aussi totalement transformé en l'espace de deux ans, ainsi que d'autres quartiers voisins qui ont littéralement disparus, ou qui ont réapparus. Difficile de s'habituer à cet amoncellement de gravas permanent, à cette poussière qui s'accumule, à ce changement permanent, rapide, qui est si loin de notre culture occidentale, où le changement prend du temps, où nos villes ont des décennies ou même des siècles. Mais c'est du coup une impression de chantier permanent qui devient assez usante, où l'on pourrait y voir du progrès et de la modernisation, mais où l'on sent surtout un empressement et parfois un gâchis de toute cette énergie, quand on sait que tout devra être refait dans 15 ans.