Tissage tibétain


Je vais devoir prendre mon voyage à l'envers, car il me manque encore bon nombre de pellicules pour pouvoir faire les choses dans l'ordre. Mais tant pis, c'est aussi un bon moyen de découvrir le Sichuan, en montant progressivement en altitude. Je ne vous emmène donc pas directement à 4000m, mais par la découverte du petit village de Jiaju, perché entre 2000 et 2600m d'altitude, accroché sur le flanc très raide de la montagne. Devenu un véritable carrefour touristique, on y vient apprécier l'air pure, le calme, et une vue somptueuse.


Cependant le tourisme, malgré tout le bien qu'il a apporté économiquement aux villageois, en a aussi transformé son caractère, perdant quelque son côté idyllique que l'on imagine facilement en visitant les villages voisins plus difficiles d'accès, car ici les pancartes des chambres d'hôtes foisonnent le long de l'unique route serpentant à flanc de montagne. Bref nous étions là seulement pour la nuit, après un long périple relativement épuisant, et en avons donc profité pour prendre une douche bien chaude — après quelques jours de restriction, un bon repas bien copieux — après quelques jours de régime végétarien, et enfin discuter avec des locaux qui parlent mandarin. Nous avons donc débarqué dans notre maison d'hôte traditionnelle, dont je vous parlerais plus en détail prochainement, et où nous avons été accueillis par la grand-mère en plein atelier de tissage. Installée au milieu de la petite cours intérieure, elle s'affairait alors à finir de tisser une grande étoffe en poils de chèvres. Ici il y a beaucoup de chèvres, quelques vaches, mais surtout, très peu de yaks, contrairement à beaucoup d'autres régions tibétaines plus hautes en altitudes et donc plus froides, régions où les yaks sont les seuls à s'y plaire. Du coup la culture locale est aussi assez différente de ces hautes régions, et même si certes, les racines sont toujours les mêmes, leur religion aussi, alors leur dialecte est différent, leur mode de vie aussi. C'est donc une dame adorable aux yeux pétillant qui nous a accueillis et permis de découvrir cette autre facette de cette minorité des montagnes. Légèrement timide et fatiguée par la vie au village, c'est avant tout une dame heureuse, qui respire la tranquillité, qui incarne l'âme de son village, et dont le contact nous a fait un bien fou pour conclure cet éprouvant périple.



Parce que j'ai été relativement absent ces dernières semaines, et surtout parce que je ne peux pas m'empêcher de partager ce superbe sourire qu'elle retenait pudiquement, vous avec exceptionnellement aujourd'hui le droit à une troisième image dans cette carte postale du Sichuan, aux avant-goûts tibétains.