Dans les yeux de Miyazaki


Me voilà enfin de retour pour vous donner quelques nouvelles bien fraîches. Ce fut un long voyage aux nombreuses étapes, ce fut un trajet semé d'embuches, de paysages fantastiques et d'histoires fabuleuses, je vais du coup prendre un peu de temps avant d'arriver à tout vous raconter. Commençons par ma première escale, qui fut Chongqing, dont je vous avais brièvement parlé il y a quelques temps. Chongqing est donc l'une des villes les plus folles de Chine, la ville avec la croissance la plus élevée du pays, et dont l'expansion semble sans limite. Ici les buildings poussent à une vitesse vertigineuse, le modernisme est partout, la vie semble rattraper celle de Shanghai à une allure démentielle. Et pourtant, cela reste une ville pleine de charme, aux milles trésors, aux quartiers typiques et à l'architecture unique.


Je vous emmène donc dans un des lieux mythiques, le minuscule quartier de Hongyadong, sur le bord du fleuve Yangtze. Ancienne porte de la ville, ce fut une place fortifiée composée principalement d'une immense bâtisse en bois d'une douzaine de niveaux. Composée de quatre rues principales à l'intérieur, elle est désormais devenue un haut lieux touristique où les petits boutiques vendant des préparations pour hotpot (spécialité locale) pullulent, où les bars poussent la musique et tirent les bières à foison. C'est un quartier plein de vie mais qui attirent les foules bien plus pour sa symbolique que pour ce qu'il n'y a à y faire. En effet, le mot court que ce serait ce quartier qui aurait inspiré Hayao Miyazaki pour une partie de son film "Le voyage de Chihiro". Cette grande bâtisse, ses différents niveaux, les petits toits qui s'amoncellent les uns sur les autres, les petites avancées, les petites enclaves qui s'enfoncent à même la paroi. Car oui c'est bien là un des secrets de ce quartier, c'est d'avoir été construit à flanc de falaise, d'être véritablement adapté à cette ville folle enchevêtrée entre les montagnes, le fleuve sinuant en son milieu, ici la route passe au niveau du rez de chaussée, mais passe aussi au niveau du douzième étage, ce qui nous donne une architecture à plusieurs échelles, car tantôt on se retrouve à 30 mètres de haut, tantôt on se retrouve les pieds sur terre. Et cette technique se retrouve dans bon nombre d'immeubles modernes de Chongqing, sur plus d'une trentaine d'étage cette fois-ci, et où même vivant au 20e étage alors qu'on se retrouve en fait aussi au rez de chaussée. Bref, un monde un peu fou, un peu féérique avec toutes ces lumières, et il est du coup assez facile de se sentir inspirer et de plonger dans l'imaginaire de Miyazaki.