Poètes des rues


Je vous avais parlé de quelques recherches dans mes archives, et bien en voilà un peu plus. Une image que certains ont peut-être déjà vu, dans une qualité plus que contestable, et dont j'ai enfin récupéré une version plus acceptable. C'est donc à Canton (Guangzhou) que je vous emmène, là où mon blog s'était arrêté. C'est même plus précisément dans le quartier d'affaire, en dessous des hautes tours, à côté du magnifique opéra moderne de la ville, là où l'on trouve peu d'ombre pour se protéger de la chaleur étouffante de la ville. Car Canton c'est ça, une ville du sud, voisine de l'emblématique Hong Kong, de la super high tech Shenzhen, sous un climat tropical parfois extrême, où l'eau ruisselle sur les murs intérieurs du fait de l'humidité et où l'on ne descend jamais en dessous de 35 degrés en été, et surtout, un été qui dure 6 mois... Du coup on cherche un peu d'ombre pour quand même faire quelques activités de plein air.


Et parmi les activités de plein air très prisées, il y a la calligraphie ! Principalement pratiquée par des retraités, elle leur permet d'écrire leurs poèmes à même le sol, grâce à de longs pinceaux et un peu d'eau. Oui, ici pas question d'utiliser de l'encre de Chine, de l'eau suffit à écrire les quelques caractères de poèmes traditionnels, persistant suffisamment longtemps pour être appréciés, mais s'effaçant petit à petit sous la chaleur ambiante, comme pour exprimer que rien n'est éternel, et cette temporalité des mots donne alors une dimension encore plus majestueuse à ces poèmes inscrits au sol, s'envolant ainsi au fil du temps par delà les courants d'air. C'est un art qui se pratique dans les rues, dans les parcs, partout où le sol s'y prête, partout où le climat le permet. Certains jeunes en profitent alors pour apprendre quelques rudiments de calligraphies, les poètes étant toujours près à transmettre leur passion, certains ayant même plusieurs pinceaux à disposition, soit pour la découverte des enfants, soit pour les quelques passant enclin à écrire quelques vers.