Les liseurs du ciel


Les jours passent à une vitesse folle ici, malgré le confinement qui perdure, le travail ne s'arrête pas, loin de là, que ce soit pour finaliser le livre, ou pour mon "vrai" travail, je ne vois pas le temps passer, et peine un peu à prendre le temps de respirer. Alors tant qu'à prendre le temps, parlons en, du temps !


De celui qui passe, qui défile, que l'on se tue à compter, celui qu'on ne sent pas mais qui s'en va, des jours, des heures ou des saisons, des millisecondes aux grandes ères millénaires, celui qui défile au-dessus de nous le jour ou qui se meure dans la nuit. Le temps que l'on grave dans la pierre mais qui se lit dans le ciel, dans cette contrée intemporelle qu'est le Rajasthan. De ces volutes et des ombres, des arches et des tours, ici au Yantra Mandir, construit en plein cœur de Jaipur au début du XVIIIe siècle par Sawai Jai Singh II, le temps est de bronze, de pierres et de lumière. Observatoire astronomique fait de cadrans solaires géants et de grosse machinerie tout droit sortis d'un compte fantastique, ici on observe, on reporte et on affirme, au fil des jours qui passent.



C'est une multitude de grandes architectures et de points d'observation, d'ombres qui se mettent à parler, à donner de grands chiffres, à indiquer plus que le temps et l'espace, la mise en mouvement d'une visualisation tournée vers le ciel. Au milieu d'un complexe immense, se trouve ainsi le plus grand cadran solaire du monde, surplombant la ville et se détachant dans ce grand paysage, taillant à la serpe cette image inattendue.


Plus qu'une lecture du temps, c'est un véritable arsenal astronomique qui fut construit ici, permettant la prédiction d'éclipses, l'observation d'alignement d'étoiles, d'altitude célestes ou de coordonnées stellaires, mais aussi le calcul annuel du calendrier hindou. Un joli bazar scientifique au charme indéniable où il fait bon de se balader, où au-delà des ombres qui parlent, les lumières y sont délicieuses.