Les rois du désert


Après un long périple traversant l'Inde d'est en ouest, nous voilà arrivés à Jaisalmer, royaume le plus occidental du pays, dans l'ouest du Rajasthan, et faisant frontière avec le Pakistan. Changement de paysage radicale, des plaines du Ganges, chaudes et humides, nous nous retrouvons au milieu de cette immensité aride, faite de roches et de sable, le désert du Thar. Arrivée sur l'aéroport militaire à bord de notre petit bi-turboprop d'une cinquantaine de places, entre deux décollages de chasseurs indiens, débarquant quasi-seuls dans ce minuscule terminal sans comptoir, entourés de quelques militaires en arme refermant les portes après que nous ayons tous récupéré nos bagages. Bienvenue à Jaisalmer, la cité d'or.


Nous avons alors découvert ce magnifique royaume, qui fut un véritable rayon de soleil lors de notre voyage, un lieu vraiment différent de tout le reste, qui nous a permis de respirer après nos péripéties de Varanasi, et avant les foules du Taj Mahal. La cité est historiquement composée d'un fort construit en pierres de sable (du grès, mais le nom anglais me fait tellement plus rêver...), lui donnant sa fameuse couleur d'or, perché au milieu du désert, et entouré d'une ville désormais relativement dense.



Mais fut un temps où cette vile n'existait pas, et où seul le fort régnait sur la grande plaine désertique l'entourant, gouvernant les multiples villages alentours. Puis le commerce se développa notamment grâce à l'emplacement très stratégique de Jaisalmer sur l'axe est-ouest, voyant se construire un certain nombre de maisons bourgeoises appelées haveli, qui se sont implantées aux alentours du fort, bénéficiant de sa protection tout en jouissant d'une réelle liberté d'espace. Puis la ville se développa et avala rapidement ces maisons fantastiques, les noyant désormais au milieu d'une multitude de petites maisons. Pas de doute, Jaisalmer fut une cité relativement riche, et malgré son développement, continue d'en imposer dès que l'on s'éloigne un peu, le fort historique surplombant l'ensemble de la région du haut de ses imposantes murailles.


Malheureusement le fort est menacé, notamment par l'arrivée de l'eau courante et donc de l'élévation de l'humidité générale dans les habitations, les infiltrations d'eau, même infimes, déstabilisant grandement une architecture conçue pour endurer les sécheresses les plus rudes. C'est donc un véritable combat de préservation qui a commencé, afin de limiter au maximum les efforts sur la structure et de conserver le lieu pour quelques autres centaines d'années.


Nous sommes restés plusieurs jours sur place afin de profiter des différents aspects de la région, du commerce de tissus aux magnifiques sites historiques, jusqu'à une belle excursion dans le désert. Je vous emmènerais donc la semaine prochaine arpenter les ruelles de la ville, avant de vous faire profiter de la nuit du désert de dunes. Mais en attendant, regardez vite ci-dessous pour découvrir le premier livre des cartes postales !