L'heure du chai


L'heure du masala chai même ! Difficile de vous parler de l'Inde sans évidemment aborder la question du thé (chai, en hindi), partie intégrante du quotidien, dont les parfums emplissent les rues, de l'est du Bengale au grand ouest du désert du Thar, ce thé aux épices est un immanquable, un vrai marqueur de ce pays immense. C'est à Varanasi que nous en avons eu le plus, chaque petite échoppe à chaque coin de ruelle proposant sa marmite de potion magique, chacun venant prendre sa petite bolinette dans un défilé incessant tout au long de la journée.


Ce fabuleux breuvage est donc composé d'un mélange d'épices telles que de la cannelle, de la cardamome, du clou de girofle et bien d'autres, infusés dans le thé avec une touche de lait. Selon les recettes celui-ci peut être très fort et parfumé, comme nous l'avons eu dans un petit musée-boutique de Jaisalmer, ou beaucoup plus doux comme on le trouve plus régulièrement dans les hôtels. Dans tous les cas, ce thé est tout sauf neutre, et est en principe à double tranchant pour les voyageurs, soit on l'aime, soit on le déteste. Il faudra cependant le consommer avec modération car les fortes épices ont tendances à rapidement monter à la tête, c'est sans doute pour cela qu'ils ne le boivent que dans ces minuscules petits coupelles en terre cuite.


Ici c'est à Varanasi donc, et plus précisément au bord du ghat d'Assi, que nous avons rencontré ce petit marchand de masala chai ambulant. Il venant de s'installer sous son grand parasol alors que le jour commençait à faiblir, et préparait son thé dans sa grande casserole (une petite bolinette en terre cuite à ses pieds si vous vous demandiez quelle est la ration standard). Nous n'avons pas pu le goûter, mais avons eu le temps de discuter un peu avec lui, il nous a alors conseillé comment assister au mieux à la cérémonie d'offrandes au Ganges qui se déroule ici-même chaque soir. Rendez-vous pris, nous y sommes retourné le lendemain, mais sans doute un peu tard et l'avons manqué. Assis sur le haut des marches, en dessous du temple principal du ghat, il attendait alors les pèlerins (et quelques touristes) qui allaient venir assister à la cérémonie du soir. Un grand plaisir d'enfin pouvoir discuter avec quelqu'un qui n'essayait pas de nous vendre quelque chose, un rencontre simple mais qui nous a permis de relativiser la grande tempête de marchandage incessant de la journée.


Je vous laisse une petite image ci-dessous de son emplacement, un peu plus tôt, juste avant qu'il n'arrive, et vous laisse chercher dans la carte postale d'il y a trois semaines (D'un ocre sacré) pour retrouver son parasol au milieu de la cérémonie le lendemain.