Pendus là


L'Inde et ses mille couleurs, l'Inde et ses parfums, et sa richesse culturelle, et son peuple unique, et son histoire... Oui tout cela résonne clairement dès que l'on évoque l'Inde à quiconque... Mais s'il y a bien une chose qui m'a marqué dès mon arrivé et que j'ai trouvé profondément rafraîchissant, c'est la présence permanente de singes, où que l'on aille, quoique l'on fasse, on se retrouve tout le temps avec un petit (ou moins petit...) primate qui traverse la rue, qui saute sur les toits, qui se chamaille avec ses potes, ou qui vient simplement profiter des premières lueurs de l'aube. Ils passent presque inaperçus aux yeux des autochtones, et même des touristes, car au-delà de l'excitation des premiers temps, ils se tournent souvent vers l'indifférence la plus totale au bout de quelques jours, allant même jusqu'à totalement ignorer ces quelques cousins à longue queue qui croisent leur chemin. L'humain se lasse tellement vite...


On les retrouve donc un peu partout, pendus là sur le rebord d'une fenêtre de Varanasi, sur une réserve d'eau à Udaipur, dans les jardins de Jaipur, au milieu des lotissements d'Agra, comme de simples éléments d'un décors déjà unique. Difficile de tous les prendre en photo, car ça saute de partout, ça va vite, et puis soyons honnête, ils sont loin de tous être beaux... Mais difficile d'imaginer une carte postale de l'Inde sans une chapitre entier consacré à ces petites bêtes. Il faut dire qu'au-delà des singes, il y a un rapport singulier aux animaux et leur place dans la société, les vaches sacrés se pavanant lourdement dans n'importe quelle ruelles s'ouvrant à elles, et que dire des éléphants, des ânes, des dromadaires, car on n'est jamais à court d'une rencontre bestiale, et ça fait du bien de sortir des grosses villes aseptisées, sans âme, où l'on en oublierait presque qu'à l'extérieur il y a tout un monde qui grouille. Ici les piqûres de rappel sont constantes, et on se sent beaucoup plus faisant partis d'une réalité sauvage, et où malgré le milliard et demi d'habitants, ici l'Homme n'est qu'une élément parmi tant d'autres.